Les orfèvres ont manipulé de grandes réserves de métaux précieux dans leur commerce. Logiquement ils ont eu besoin d’un endroit sûr pour conserver ces réserves, pour se faire, ils ont construit des coffres dans des endroits bien protégés.
Les citoyens ont pris conscience que pour une somme dérisoire, ils pourraient stocker leur or chez l’orfèvre plutôt que les cacher chez eux. L’orfèvre était satisfait, puisque pour pas grande chose (à part le prix payé pour avoir construit le coffre) il pouvait gagner de l’’argent en louant l’espace dans ses coffres.
En tant que citoyen louant un espace dans le coffre de l’orfèvre, vous déposiez vos pièces d’or (disons l’équivalent de 1000 euros) et l’orfèvre vous donnait un reçu faisant foi de votre dépôt de pièces pour 1000 euros. Sur le reçu, il y aurait marqué payable contre les pièces d’or déposées à hauteur de 1000 euros. A partir du moment où le dépositaire présentait son reçu, l’orfèvre devait l’honorer et rendre les pièces d’or (ou d’argent). Or il était assez rare pour les gens de venir réclamer leur or (puisqu’ils savaient que les pièces d’or étaient en sécurité), au contraire, tout le monde venait déposer son or et recevait un reçu.
Bientôt, de plus en plus de gens se promenaient avec ces reçus (monnaie de reçu) et pouvaient même commercer, puisque les « monnaies de reçu » avaient autant de valeur que l’or physique, de plus, il était beaucoup plus commode de se promener dans sa poche avec du papier que des pièces d’or. Petit à petit, les gens utilisaient ces « monnaies de reçu » comme moyen de paiement pour acheter et vendre.
Avec le développement du commerce entre différentes régions du monde. Un commerçant d’Asie mineure pouvait se déplacer en Europe et présentait une « monnaie de reçu » d’un orfèvre (qui avait des agences dans les deux régions) pour acheter des produits. Par exemple, pour ce commerçant qui voulait acheter des produits en Europe, plutôt que de se munir de ses pièces d’or pour venir en Europe, il les déposait dans sa région chez un orfèvre connu en Europe, recevait un reçu (par exemple 1000 euros en valeur), venait en Europe et achetait des produits pour 1000 euros et donner comme paiement pour ces achats le reçu qu’il avait obtenu en Asie mineure. L’autre avantage pour ce marchant était de demander 10 reçus d’une valeur de 100 euros, de manière à ensuite faire ses emplettes dans différents endroits et acheter différents produits.
Tant que l’orfèvre restait honnête en gardant en sécurité l’or du commerçant contre les reçus qu’il avait fourni au commerçant, ce système était ingénieux. Mais comme nous avons évoqué plus haut, les génies de la tricherie dans ce nouveau système donnèrent naissance à ce qu’on appelle la monnaie fractionnaire.