Monnaie fiduciaire

20 décembre 2009

Sur Wikipédia une monnaie fiduciaire est définie comme une monnaie (du latin fides la confiance) dont l’authenticité est garantie par l’État ou la banque centrale.

L’ensemble de la monnaie fiduciaire est aujourd’hui basée sur la confiance (c’est-à-dire croire qu’un billet de 10 euros vaut bien 10 euros), en particulier pour les billets dont la valeur nominale est bien plus élevée que le prix du papier et de l’encre qu’ils contiennent.

En d’autres termes, la valeur d’échange est conventionnelle. Or l’autre revers de la médaille dont Wikipédia n’aborde pas est l’aspect “cours légal” de la monnaie.

En effet, une monnaie fiduciaire doit être imposée (généralement par l’état ou un pouvoir central) et ne peut être rejetée par la communauté. D’ailleurs, le terme “cours légal” veut dire qu’une personne ne peut pas refuser de le recevoir en règlement d’une dette libellée dans la même unité monétaire.

Le créancier doit accepter lesdits moyens de paiement pour leur valeur nominale. Le seul moyen qu’un gouvernement puisse promouvoir l’échange de marchandises dans un pays avec de la monnaie qui a aucune valeur est celui de l’imposer à ses citoyens, d’où le terme “cours légal”.

Après avoir présenté ce qu’est une monnaie fiduciaire, poursuivons notre voyage de la fabrication de la monnaie. En effet, vous l’avez compris, le banquier bien que très heureux de pouvoir faire des prêts grâce aux réserves en or de ses clients. Il se rendait bien compte que l’or était en quantité limitée dans la nature. C’est alors qu’il se dit qu’il fallait remplacer les réserves en or par une monnaie qui pourrait être créer en quantité indéfinie sans limitation physique.

Or pour réaliser ce rêve, il fallait deux choses, obtenir le monopole de la fabrique de la monnaie émises pour la communauté et la complicité du roi ou du gouvernement. C’est ainsi par exemple que la première banque centrale et privée vit le jour en Angleterre en 1694 grâce à William Paterson et de la complicité de la couronne. Ainsi la banque centrale d’Angleterre pouvait émettre de la monnaie en quantité illimitée (en fonction d’une certaine réserve disponible). Pour information, la banque de France créée par Napoléon était privée et obtint le monopole de la création de la monnaie en 1848. Ce n’est que Général De Gaulle qui l’a nationalisée après la seconde guerre, qui est redevenue privée sous Pompidou (le financier) le 3 janvier 1973.

Le modèle fractionnaire est maintenu et les réserves seront désormais constituées non pas de l’or mais de bons de trésors (certificats qui sont émise par un pays pour demander de l’argent aux banquiers privés) ou de IOY (en anglais I OWE YOU, des certificats ou contrats indiquant une reconnaissance de dettes), ainsi que de la monnaie fiduciaire (c’est à dire les billets de banque de 10 euros, 20 euros etc.).

Quels avantages pour le banquier d’être passé de réserves d’or aux réserves de papier (les bons de trésor, certificats de reconnaissance de dettes, des billets de banque) ? Les avantages sont multiples. Le banquier peut maintenant complètement contrôler la masse monétaire (la quantité d’argent en circulation), voir annexe II pour un exemple concret. L’or présentait plusieurs inconvénients pour notre banquier :

  • Il faut extraire l’or des mines
  • Les mines doivent être détenus par le banquier
  • L’or est limité en quantité disponible
  • L’or a une valeur intrinsèque, quelque soit la période ou l’endroit

Pour toutes ces raisons et bien d’autres, le banquier n’aime pas l’or, car il n’a pas une maitrise totale. Il n’a pas le monopole de la création de l’argent tant que l’or est considéré comme un moyen de paiement. Si le banquier arrive à mettre la main sur tout ce qui touche de près ou de loin à l’or, alors il pourrait bâtir un monopole autour de l’or. Donc, pour lui, il fallait créer un papier et le rendre obligatoire et ce fut la monnaie fiduciaire à l’aide du gouvernement.

Alors, pourquoi le gouvernement devient complice avec les banquiers dans la création de la monnaie?

La réponse à cette question est simple. Le gouvernement contrairement à une entreprise privée dépense sans toucher des bénéfices, si le gouvernement construit des ponts et des infrastructures pour la communauté, il va de soi qu’il faille lever des taxes (demande au peuple de participer financièrement pour les travaux réalisés) pour financer toutes ces constructions, ce qui paraît tout à fait normal.

Par contre pour faire des guerres inutiles, maintenir une armée, faire des dépenses avec les quelles le peuple n’est pas d’accord, c’est plus difficile, dans ce cas ci, le gouvernement a besoin d’un moyen pour financer ses délires sans passer par les taxes, sinon, il y aura beaucoup de mécontents et il risque d’y avoir une révolution (cela nous rappelle rien?). Tant que le gouvernement dépense et dilapide l’argent sans exiger directement aux gens de la communauté une participation financière, ça va. Dans les deux annexes, nous verrons comment le gouvernement de manière subtile vole les gens de la communauté.

Donc, le gouvernement a besoin d’argent pour des dépenses qui ne sont pas pour le bien de la communauté, un peu comme vous et moi qui avons des désirs d’achats inutiles ou superflus, qui risquent de mettre en difficulté la situation financière de notre famille. En somme, nous n’avons pas d’argent, mais nous avons quand même envie de dépenser. Et bien, cette envie de dépenser sans fin, le gouvernement a trouvé en s’associant avec les banquiers. De façon très simple mais très juste, le gouvernement demande aux banquiers de l’argent et le banquier lui donne. Le banquier inscrit les dettes de l’état dans un livre et lui demande des intérêts, comme si l’état ou le pays était une personne. Et pour que cet argent soit accepté par tout le monde, il faut une loi qui oblige les uns et les autres de l’accepter, on revient à notre terme de “cours légal”, voir ci-dessus.

Donc, de la même façon que pour la monnaie de reçu, la monnaie fiduciaire repose sur le même modèle de monnaie fractionnaire. L’or a été remplacé par les certificats de reconnaissances de dettes, de bons de trésors (un papier qui dit que l’état est redevable d’une dette) de contrats passés entre des particuliers et les banquiers (par exemple, quand je veux acheter une maison, je signe un contrat avec mon banquier de reconnaissance de dette) et des dépôts de billets sur des comptes, tous ces papiers qui ne sont que des reconnaissances de dettes les uns et les autres envers le banquier ont remplacé l’or et constituent les réserves des banques. A partir de ces papiers (joliment décorés) les banquiers peuvent émettre une fraction d’argent sous forme de billets ou de pièces à usage de la communauté.

Supposons que j’ai 10000 euros en banque que j’ai épargnés depuis plusieurs années, donc le fruit de mon dur labeur. Le banquier peut émettre une fraction de ces dix mille euros comme emprunts à d’autres. S’il y a panique un jour et que tous les épargnants comme moi se ruent vers leur banque pour retirer leurs économies. De la même façon que nous avons vu comment les économies de Monsieur Durand se sont évaporées au chapitre précédent. De la même façon, mes économies disparaitront si le banquier n’a pas suffisamment de réserves de billets de banque pour me les restituer. Le mécanisme reste le même, ce qui a changé, c’est simplement que les réserves ne sont plus constituées d’or mais de reconnaissances de dettes.

Ces reconnaissances de dettes nous amènent à parler d’une autre forme de monnaie et celle ci est la monnaie de dette que nous examinons plus tard mais avant regardons ce qu’est la monnaie scripturale dans le chapitre suivant.

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