Monnaie scripturale

21 décembre 2009

De nos jours, pour assurer leur rôle dans le crédit, les banques créent de la monnaie comme par le passé, en utilisant l’ancien mécanisme décrit dans la monnaie de reçu ou fiduciaire. Mais le banquier innove toujours et sa nouvelle innovation est la monnaie électronique. Nous avons vu que baser une monnaie sur l’or n’est pas son préféré. La monnaie fiduciaire est mieux car elle peut être créée de manière illimitée. Cependant, il faut du papier, de l’encre des presses d’imprimeries, et puis, il y a toujours le souci de stocker tous ces billets.

Avec l’avènement de l’informatique*, l’idée lui vient de fabriquer un dixième de la masse monétaire en monnaie fiduciaire (papier) pour permettre aux gens de la communauté de vendre et d’acheter des biens et le reste sera créé sous forme scripturale.

La monnaie scripturale n’est rien d’autre que des chiffres inscrits dans un ordinateur sur un compte. Elle est une monnaie d’écriture, qui correspond aux sommes inscrites sur les comptes bancaires, et qui consiste en une reconnaissance de dette de la part du banquier envers son client.

Lorsqu’un client de la banque détient une somme de 10000 euros sur son compte bancaire, il détient en réalité 10000 euros de monnaie scripturale, c’est-à-dire que la banque reconnaît devoir lui fournir sur sa simple demande la somme de 10000 euros; il ne détient en aucun cas 10000 euros de pièces et de billets. Ceci étant, et contrairement aux idées fausses qui règnent dans la plupart des esprits, la banque ne dispose pas, elle non plus, des 10000 euros en billets de banque.

La monnaie scripturale est alors un moyen de paiement qui peut circuler d’un compte à un autre. Le client de la banque pourra ainsi régler l’un de ses créanciers en lui délivrant un chèque de 10000 euros. En ce cas, il ne disposera plus d’aucune somme sur son compte, c’est-à-dire que la banque ne lui sera plus redevable d’aucune dette. En revanche, il y aura eu un transfert de dette, c’est-à-dire que la banque sera endettée envers le créancier de son client.

Dans la cas de la monnaie scripturale, les réserves dont une banque doit disposer au cas où il y a une panique sur la banque reste toujours les billets de banque et les pièces. Une des raisons pourquoi les banquiers veulent imposer de plus en plus la monnaie scripturale (les cartes de paiement, la carte Moneo, achat sur internet) c’est d’une part éviter les scénarios catastrophes d’une panique généralisée comme on en a vu encore, en Angleterre, en 2008.

L’autre raison serait pour contrôler toutes les transactions et de faire payer un pourcentage sur toutes ces transactions. Pour l’état, c’est un moyen de contrôle et pour les banquiers une nouvelle source de rente. Pas bête n’est ce pas? Bien évidemment, le discours officiel évoque plus de facilité, de sécurité, de transparence pour éviter les vols, les braquages et le blanchiment d’argent. Il faut se rappeler qu’à l’époque des réserves d’or. Le banquier tenait le même discours mais cela ne l’a pas empêché de voler les gens.

Regardons maintenant ce qu’est la monnaie dette au chapitre suivant.

*Chapitre en grande partie tiré du livre de David Millet.

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